Optimisation énergétique du groupe froid : –29 % d’électricité, puis cap sur le solaire

Comment la Brasserie du Slalom a réduit de 29 % sa consommation d’électricité en optimisant son groupe froid, puis cale désormais ses process énergivores sur sa production solaire grâce au stockage thermique.

À la Brasserie du Slalom, nous traquons les gaspillages d’énergie depuis nos débuts, même quand ce n’est ni spectaculaire ni immédiatement rentable. Notre méthode : mesurer d’abord, comprendre ensuite, puis changer nos façons de faire. Le groupe froid en est le meilleur exemple : en deux étapes, nous avons réduit notre consommation d’électricité de 29 %, puis appris à consommer au moment où l’énergie solaire est abondante.

Le groupe froid, un gros poste de consommation

Toutes les brasseries ont un groupe froid. Il sert à deux choses :

  • réguler la température pendant la fermentation, une phase qui dégage de la chaleur ;
  • descendre la bière à 1 °C et l’y maintenir pendant la garde.

Dans une installation classique, la pompe de circulation du glycol (le liquide qui transporte le froid) tourne 24 h/24, le compresseur se déclenche dès qu’il y a un besoin, et chaque cuve de fermentation « tire » du froid sur le réseau quand elle en a besoin. Cela fonctionne, mais l’énergie est consommée à n’importe quel moment, souvent au pire.

Étape 1 (2025) : synchroniser et choisir le bon moment

Nos mesures, notamment les temps de cycle du compresseur, nous ont conduits à une double idée, mise en place fin janvier 2025 :

  • Synchroniser la demande de froid des différentes cuves, pour réduire la durée de fonctionnement de la pompe de circulation.
  • Faire tourner le groupe froid quand son rendement (COP) est le meilleur : à l’époque, la nuit. Plus l’air extérieur est frais, moins le compresseur a d’efforts à fournir pour produire la même quantité de froid.

Résultat : –29 % d’électricité à production constante, lissé sur l’année. La consommation totale de la brasserie a nettement baissé, alors même que notre production augmentait de 10 %.

Graphique en barres de la consommation électrique mensuelle de la Brasserie du Slalom de janvier 2024 à novembre 2025 : depuis l’optimisation du groupe froid fin janvier 2025, environ 29 % de l’électricité est économisée chaque mois.
Consommation électrique mensuelle de la brasserie. En orange, l’énergie économisée depuis l’optimisation du groupe froid.

Étape 2 (2026) : caler la consommation sur le soleil

Depuis la mise en service de nos 100 kWc de panneaux solaires, l’essentiel de notre énergie vient du renouvelable. Mais au-delà de la source, c’est le moment où l’on consomme qui change tout : la production photovoltaïque est maximale en journée, c’est donc là que l’énergie est la plus abondante, la plus décarbonée et la moins chère.

Graphique du 19 juin 2026 en deux panneaux : le prix de l’électricité par quart d’heure est au plus bas entre 9 h et 17 h 30, et 70 % de la consommation de la brasserie se concentre sur ce créneau.
Journée du 19 juin 2026 : 70 % de la consommation de la brasserie se concentre entre 9 h et 17 h 30, quand l’électricité est la moins chère.

Nuit ou jour ? Le coût du kWh de froid

Pour arbitrer, nous calculons le coût énergétique de chaque kWh de froid : le prix du kWh électrique à un instant donné, divisé par le COP du groupe froid à ce même instant (le COP indique combien de kWh de froid sont produits pour chaque kWh d’électricité consommé). La nuit, le COP est meilleur mais l’électricité vient du réseau ; en journée, il est un peu moins bon, mais l’électricité solaire est abondante et bon marché. C’est ce calcul qui désigne le meilleur créneau.

Notre installation est désormais pilotée pour placer automatiquement nos process les plus énergivores sur ces créneaux. Concrètement, nous stockons l’énergie sous forme de chaleur ou de froid :

  • nous chauffons l’eau de process à l’avance ;
  • nous descendons la bière en froid et la maintenons pendant les fenêtres les plus favorables.

Trois bénéfices vont dans le même sens :

  • un meilleur bilan carbone, en consommant quand le mix électrique est le plus décarboné ;
  • une contribution réelle à l’équilibre du réseau électrique, en consommant quand l’offre est abondante ;
  • une économie concrète sur la facture, avec des fournisseurs d’électricité comme SOBRY.

La RSE n’est pas un coût

Bien pensée, la sobriété énergétique est un levier de performance. Ces économies nous permettent aussi de contenir toujours mieux nos coûts, et contribuent à vendre des bières 100 % bio au prix d’une bière artisanale conventionnelle.